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Et si le séisme du 12 janvier signifiait la mort prononcée d’un Etat-zombi?April 1, 2010By Jude Teleau On se souviendra de la nuit du 12 janvier 2010 comme celle où le cri d’un peuple empêtré dans la douleur et le désespoir se fit entendre dans les quatre coins du monde. Une histoire singulière et horrifiante dans laquelle les murs blasés des taudis exsangues de Port-au-Prince ont saignés à blanc le peuple haïtien déjà connu pour sa misère et pour son désarroi. Cette soirée-là, la nuit a enveloppé Haïti comme une voile de deuil incapable de cacher le visage de la mort. Les cris faisaient place aux silences et les silences aux complaintes étouffées jusqu’à ce que le jour se réveillât pour dévoiler aux yeux fatigués l’ampleur de l’hécatombe. Quelques secondes suffisaient pour faucher des centaines de milliers d’haïtiens et priver les survivants du confort gênant que la pauvreté leur offrait. S’il est certain qu’on ne pourrait jamais empêcher le séisme, force est de dire que l’ampleur de cette tragédie humaine aurait pu être évitée si nous avions connu pendant notre vie de peuple et particulièrement pendant ces 30 dernieres années l’existence d’un Etat haitien. En effet l’Etat haitien n’existe pas. Ce que nous connaissons come Etat n’est qu’apparence, n’est qu’une fiction qui comforte la conspiration antihaitienne dont nous nous sommes tous faits coupables tant par nos agissements que par nos inactions. Le vrai Etat n’existe pas en apparence mais plutôt en essence. L’Etat existe dans sa souveraineté. Au cours d’une génération Haïti a connu près de quatres occupations étrangères. Tel est le signe d’un pays sans Etat qui n’a pas la capacité de gérer ses problèmes internes sans qu’il n’y ait l’intervention d’un Etat-policier pour venir garantir l’ordre public. L’Etat par définition existe dans son autorité. L’autorité de l’Etat n’est qu’un terme creux en Haïti. Une bande de voyous peut facilement terroriser tout une population à quelques cinq cents mètres du palais national soi-disant centre névralgique de la présence etatique. L’Etat haitien est si inexistant que l’ombre de sa puissance publique ne peut garantir l’ordre public dans un rayon de cinq cent mètres de son point central. L’Etat comme il s’excerce dans n’importe quel pay sérieux, existe dans la force de ces institutions. Les institutions haitiennes ne sont que l’ombre de leur ombre. Elles sont, comme l’organe au corps ; toutes aussi mortes qu l’Etat qu’elles se croient représenter. Le vrai Etat existe dans sa capacité de protéger la vie de ces citoyens. Les constructions anarchiques sans aucunes normes d’urbanisation sont les premiers responsables de la mort de beaucoup de nos congénères dans ce drame sans précédent que venons de vivre. Un Etat vivant penserait à attaquer ce problème puisque pendant plus d’une année avant le séisme, les prévisions sismiques fusaient de toutes parts pour annoncer l’imminence d’une catastrophe sismique dans la region métropolitaine de Port-au-Prince. L’Etat conséquent aurait, même en l’absence d’une force armée ; pensé à la création d’une agence de défense civile pouvant mener des opérations de sauvetage pendant les vingt quatre heures qui suivirent le seisme en attendant l’arrivée des équipes internationales de secours. Aucun Etat au monde n’existe uniquement dans l’essence de ses incapacités. Aussi peut que ce soit, il doit avoir la capacité minimale de répondre aux besoins de ses populations. Donc puisque l’Etat haïtien n’existe pas, on s’empresse à s’interroger sur cette imposture historique que des générations d’hommes vipérins s’entêtent à faire passer pour un Etat. L’Etat haïtien tel que nous le connaissons depuis plus de trente ans est un Etat-zombi fondé sur le crime et sur un projet antinational. Jamais dans l’histoire des peuples avions nous vu un Etat aussi obstiné à assurer son existence que dans la constante négation de la nation. Bref, le phénomène de l’Etat haïtien peut se résumer par un dualisme éternel entre l’Etat et la nation. Depuis plus de trente ans cet Etat moribond est frappé de rigidité cadavérique. Pour le maintenir en vie, les héritiers et profiteurs du crime fondateur de la république que je considère pour ma part comme de véritables prêtres-sorciers professionnels de la culte des morts; ont usé de subterfuge pour forger au devant de nos regards émoussés une apparence vitale de l’appareil étatique en Haïti. Mais en réalité, il n’en est rien. Ce zombi que nous appelons l’Etat haïtien n’existe même pas par moment, même pas par conjectures. Son spectre de la mort a forcé toute une société vers une léthargie profonde, un éternel coma dont nous ne sommes pas encore sûrs de pouvoir nous en sortir. Le mal de cet Etat fantôme a fini par empoisonner mêmes les couches réputées saines de la société. En fait, les symptômes sont là pour le prouver : déchéance sociétale, effritement des valeurs morales, fuite de cerveau, déclin citoyen, jeunesse désespérée, bref la mort dans l’âme d’une nation. Et come pour passer du mal au pis, cet Etat a fini par entrainer tout une population vers un génocide. En effet, si on ne veut pas se faire complice du silence, il faut, aussi paradoxal que cela pourrait paraitre ; avouer que l’Etat haïtien est un Etat génocidaire. Ne soyons pas naïfs, si le principe d’homicide par négligence est envisageable pour un individu dans le cadre d’une instruction criminelle, on peut certainement parler de génocide par négligence dans le cas de séisme du 12 janvier 2010. Les évidences pour corroborer une telle accusation sont patentes, l’Etat haïtien est génocidaire dans sa négligence, dans ses inconséquences, dans ses incapacités et dans ses manquements. Alors au-delà de nos pleurs et de nos regrets de peuple, on se questionne su le sort de cet Etat moribond : a-t-il survécu ou est-il parmi les nombreux disparus du séisme du 12 janvier ? La réponse peut être complexe, le zombi a l’air amputé, atrophié, dénué de ses apparences ordinaires. Il est frappé de mort clinique mais sa disparition n’est pas encore annoncée. Beaucoup comparent Haïti comme un phénix qui tôt ou tard va renaitre de ses cendres mais ils oublient souvent de dire que pour que le phénix puisse renaitre de ses cendres, il faut qu’il soit préalablement et totalement consumé, or l’Etat haïtien constitue un goulot d’étranglement dans ce processus de transmutation. Alors pour que la nation puisse se refaire un dessein, cet Etat zombi doit cesser d’exister dans sa forme ainsi que dans son fond. L’allégorie chrétienne est peut-être une bonne évocation pour comprendre la portée philosophique d’une telle assertion. Parcequ’en réalité Haïti a besoin de naitre de nouveau.
Comments (4)...
I am afraid of the earthquakes a lot! I hope they will not be often
#4 - essay editing services - 10/28/2011 - 05:27
You are writing about the most interesting and touching question for modern people. Thanks for the articles.
#3 - custom essay papers - 07/11/2011 - 15:25
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#2 - free essay writing - 06/13/2011 - 16:56
Pays necrophile
Le systeme a resisté aux secousses du tremblement de terre pour le malheur de la nation.
#1 - gitan - 11/01/2010 - 08:09
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